La colline semblait attendre, au pied levé.
Elle ne se dressait pas comme une montagne, non, elle attendait.
M'attendait moi ?
Non, sûrement pas !
La colline simplement s'élevait un peu, en contrebas.
En fait, elle n'avait pas besoin d'impressionner qui que ce soit.
La colline simplement se tenait, là.
Vainqueur parmi les vainqueurs,
Couronnée par un parterre de fleurs.
Pissenlits, fleurs des champs et violettes.
Plantes sauvages, coquelicots, pâquerettes.
La colline n'a pas la folie des grandeurs.
A ses pieds, un petit étang.
En son centre, le soleil se refléter,
Oeil céleste.
De la vase habille ses extrémités.
Malhabile celui qui n'en serait pas en reste.
Plonger, plonger en lui pour plonger en soi,
Plonger, par une après-midi d'été, et tant pis pour la vase !
Plonger pour contempler ses pronfendeurs, un zeste de foi.
Un écureuil traverse les sous-bois.
Un écureuil, sans crainte aucune, à petits pas.
Une araignée cachée dans la touffe d'un cèdre,
Crottes de bique séchées, odeurs de lilas.Partons à la ceuillette de sensations,
Sans savoir, sans histoire, partons.
Il y a toujours une danse à mener,
Pour partir à la recherche de la beauté.
Quoi de mieux pour laisser, laisser ainsi,
Dériver, digresser, divaguer, l'esprit ?
Quoi de mieux qu'une après-midi ensoleillée pour ce genre de petites choses ?
Oh, bonheur que de n'avoir rien d'autre à faire de laisser, laisser ainsi,
L'âme pénétrer le vivant... Et sa prose.
Elle avait été envoyée là-bas pour aller chercher ces chiens comme on envoie à un chien une baballe. Oui, ça ressemblait bien à cela et ça ne lui plaisait pas trop... Aller chercher des chiens en Belgique pour les revendre 10 fois plus cher... Bon, à la limite, pourquoi pas. S'il n'y avait pas eu tout le reste, ça irait. Tout le reste, oui... Pour tolérer cela, il fallait vraiment qu'elle soit dans la merde, oui... A prospecter depuis de smois sans retrouver jamais de travail... Que voulez-vous ? La dépression devait être écrite sur son front pour se faire refouler de partout comme ça ! Et pourtant, elle était toujours enjouée et joviale, même après un divorce plus que houleux. C'est bien ce qu'on demandait à une vendeuse, non ? C'est comme si ses futurs boss ne s'y trompaient pas, qu'ils flairaient en quelque sorte le désespoir et la tristesse par-delà les apparences.
Bref, toujours est-il qu'elle avait bien sûr dû finir par accepter faute de mieux de travailler dans le chenil de son oncle, qui avait bien besoin de bras supplémentaires pour briquer la merde des cages à chiens, car la marchandise était grosse ! La compta, pas d'inquiétude là-dessus, il s'en chargeait toujours. Pour tout ce qui était affaire d'argent, bizarrement, il en avait du temps, et c'est peut-être pour cela qu'il l'avait envoyée en Belgique aller chercher ces chiots... Ces chiots qui bientôt seraient entassés dans les cages pour être rachetés en gros à prix cassés par des éleveurs ou des gérants d'animaleries de centre-ville. A prix cassés car vendus avec faux certificats de vaccination. S'il n'y avait que ça, oui...
Et voilà que maintenant, après avoir été baby-sitter pour chiots, astiqueuse de cellules pleines de merde et vendeuse, elle deviendrait acheteuse. Acheteuse de chiots que l'on avait arrachés à leurs mères dans être sevrés en Belgique, au volant d'une camionnette immatriculée... En Belgique. Si tant est que cette plaque d'immatriculation soit une vraie, d'ailleurs ! Et il fallait aussi conduire de nuit pour se rendre dans ce fameux hangard au milieu de nulle part, sinon ça n'aurait pas été drôle, n'est-ce pas ? Oui, car la vente avait lieu à 5h du matin, avant que le soleil ne se lève et pour minimiser les chances d'être repérée... Voilà où elle en était arrivée, de concession en concession à son oncle, rodé à l'exercice depuis plus de 30 ans qu'il avait repris le chenil de son père. Rodé, oui. Tellement rodé qu'il enterrait les cadavres de chiots malades dans une fosse commune au fond de la cour comme on jette un papier dans une poubelle. Mais jusqu'où ces concessions iraient, maintenant qu'elle avait mis le doigt dans l'engrenage ? Elle qui avait commencé à travailler pour son oncle seulement 4 mois auparavant et qui en savait déjà bien trop sur les rouages de cette mafia...
I happen sometimes to enjoy the warmth of the sun, a heat that would directly caress my skin, without passing through the ocean water. A direct caress, a bit as if the hand of God came, without beating around the bush, to spread its share of affection among its creatures. This moment is a moment of grace. I, as a sea creature, find myself in direct contact with the sky this way. And I put myself into apnea, the time to jump out of the waves, to appreciate this heat and this light, defying the law of gravity.
Along with my fellows, we like to perform these jumps, offshore the Atlantic. We often do it together, as if to show the world our presence, not with a conquering mindset though, but with a peaceful one.
Rien de tel qu'une belle feuille de laitue bien fraîche pour commencer la journée. Une feuille de laitue qui aurait été délicatement aspergée par la rosée du matin et dont la saveur légèrement amère ferait ressortir le goût du soleil... Car qui dit laitue dit printemps !
Et Dieu sait qu'il me tarde, chaque année, de promener ma carapace à travers les vallées, les jardins et les prairies... Pourvu qu'il y ait toujours quelque feuille tendre imbibée de soleil à se mettre sous la dent ! Tendre en son milieu, mais croustillante à l'extérieur, comme le coeur de ces crapules d'humains, qui souvent ne m'aiment pas trop parce que j'élis domicile dans leurs jardins et grignotte le fruit de leur travail. Ah, la propriété privée ! C'est vraiment un truc d'humains ! Mais je comprends leur colère... C'est qu'ils y ont mis, de l'énergie à répandre leurs pesticides, fongicides et j'en passe et des meilleures, pour que tout soit bien propre, tout soit bien net et que rien ne dépasse entre les plantations et les allées...
Parfois aussi, on tue mes enfants. On les décolle sans ménagement d'un pot de fleur ou d'une goutière pour les déplacer je ne sais où... Et ces petites créatures fragiles ne supportent pas le choc !
Bah, on s'occupe comme on peut, lorsqu'on a la soixantaine passée... Moi je ne pense pas à m'occuper et à meubler le temps qui passe... Il passe bien assez vite, celui-là ! Mon paradis est là, maintenant, tout de suite, sur ma feuille de laitue gorgée de soleil.
Etait né aujoud'hui le parti de tous les espoirs. Europe écologie les verts était le parfait produit, le parfait condensé des attentes de l'électeur de gauche moyen : une ligne sociale sans être trop révolutionnaire pour rassurer, le côté gay-friendly pour la pseudo-modernité, l'écologie comme leitmotiv pour se donner une identité. La recette était infaillible et le tour était joué !
En trois coups de cuiller à pot, Marine arriverait à conquérir ce territoire vaguement socialiste où le diable avait désormais élu domicile : j'ai nommé le Front National. Marine escomptait bien leur servir sur un plateau d'argent son discours bien rodé, à ces gens ignorants, en ce jour de marché à Hénin-Beaumont. Non, il ne fallait pas céder aux sirènes de l'extrême droite, de la peur et de la xénophobie, même avec un taux de chômage à 40% ! Elle allait lui expliquer, à cette brave populasse, qu'aujourd'hui samedi 21 mai, elle avait choisi le ticket gagnant en choisissant ce parti qui arriverait comme un boomerang pour bouleverser le jeu politique, une nouvelle donne oui, une version 2.0 du socialisme, la corruption en moins pour sûr. C'est que le précédent maire avait tout de même détourné pas moins de 2 millions d'euros, mine de rien, donc mieux valait-il montrer patte blanche lorsqu'on voulait faire carrière en politique et la jouer solo !
Non, vraiment, avec Europe écologie, qui arriverait un peu sur son cheval blanc dans le marasme ambiant entre escrocs et fachos, tout serait différent, elle le promettait. Elle était décidée à repeindre Hénin-Beaumont en vert et à montrer, démontrer que le méchant FN n'était pas une fatalité et que l'obscurantisme, grâce à son valeureux parti qui avait inventé l'eau chaude, pourrait être évité.
Entourée de son armada de camarades écolos venus tout droit de Paris pour l'escorter, elle sorti ses tracts verts flashy et son plus beau sourire de vendeuse de tapis. Sous le soleil pâle du Nord de la France qui pointait son nez en ce samedi matin, elle allait faire un tabac.
Dix ans plus tôt. La jeune Marine regarde la télé avec sa soeur et ses parents dans le grand salon de la maison, attenant à la salle à manger. Certainement pas une maison des mines, l'une des ces maisons mitoyennes sombres où l'on entend les moindres faits et agissements des voisins. Non, cette maison là était individuelle et d'une taille offrant le luxe pour elle et sa soeur de posséder chacune leur propre chambre.
C'est que ses parents sont respectivement homéopathe et dentiste, eux dont les parents n'étaient que de simples agriculteurs ! L'échelle sociale a été gravie et ils tiennent à le faire savoir. Non pas qu'ils agissent comme des bourgeois, loin s'en faut, car cela dérogerait clairement à leurs valeurs de gauche -valeurs de tout individu éclairé ayant atteint un certain niveau social par le fruit de son éducation dirait Rousseau- mais qu'ils n'étaient pas peu fiers non plus d'avoir fait mentir les pronostics à leur sujet !
Ce soir, était un soir d'élections, justement, et les pronostics allaient bon train : Le pen, cette vieille croûte fachiste, ne passerait pas la ligne d'arrivée face à Chirac, tout le monde pouvait dormir sur ses deux oreilles !
Allaitée aux discours anti-extrême droite, la petite Marine regarde la télé, assise sur le fauteuil en cuir qui trône au milieu du salon, à côté de la bibliothèque. Elle regarde le débat entre un représentant du FN et du RPR ses petits verts brillants de peur, mais surtout d'excitation et d'envie. A vrai dire, elle se voit déjà en haut de l'affiche, à la place d'un des deux porte-paroles. Elle aussi pourrait un jour discourir comme cela, avec autant de bagoût, la confiance dans le regard, cette confiance nourrie par la ferveur des partisans, comme uen rock star acclamée par son public !
Cette confiance inébranlable lui permettant de vendre du rêve à qui mieux mieux ; oui, c'est cela qu'elle veut être, cette étoile, vendeuse de rêve mais alors une sérieuse, en costume, dont les rêves sont chiffrés, étayés à coups de statistiques et d'études bancales, peu importe en fait... Ce soir, la petite Marine a tout bonnement une révélation, emportée par l'enthousiasme de ses parents, face au duel qui s'annonce en la défaveur du FN. Mais surtout, surtout emportée par son propre enthousiasme : Après que sa famille ait gravi l'échelle sociale, ce serait à son tour de gravir une tout autre échelle, l'échelle du pouvoir.
La réalité de sa vie lui suffisait amplement et elle ne ressentait pas spécialement le besoin d'en remettre une couche avec de l'anxiété supplémentaire. Mais il se trouve qu'elle était tombée par hasard sur cet article qui relatait l'effet délétaire d'une porcherie dans le dunkerquois. Les excréments des cochons ayant contaminé les nappes phréatiques de sorte à générer des algues vertes dont se repéssait désormais la faune environnante. Pas particulièrement sensibilisée aux joies de l'élevage industriel, elle avait quand même été un peu refroidie par la balade sur la plage que lui avait proposé Claudia.
Bon, nous étions en mai et les températures commençaient tout de même à se réchauffer, même dans le Nord de la France. Mais tout de même, cette histoire de merde qui s'était déversée dans la mer, ainsi que la centrale nucléaire et l'usine à saucisses qui trônaient près de l'esplanade où elles s'étaient donné rendez-vous pour cette marche ne l'emballaient pas des masses...
Le décor n'était pas vraiment idyllique, mais elle avait promis et il n'y avait pas grand chose à foutre d'autre à Dunkerque un dimanche. Elles marchaient donc toutes deux sur cette fameuse esplanade en caquettant au sujet de leurs derniers déboires amoureux quand elles tombèrent nez-à-nez avec un poisson qui marchait vers le rivage de la mer.
Oui, il se déplaçait bien, et même de façon assez rapide à l'aide de nageoires qui se dépliaient et se repliaient sur le sol au grès de ses ondulations empreintes d'une certaine grâce. Son corps, ou plutôt une sorte de tronc recouvert d'écailles scintillantes d'un violet discret qui tirait sur le gris, lui conférait une allure de star de gala. Elle pu aussi distinguer une queue orange en as de trèfle, mais ne pu apercevoir son regard, la créature étant de dos et se dirigeant trop rapidement vers son but... Mais quel était son but, justement ?
A en juger par ce que la créature ingurgita avant de disparaître dans les flots, elle n'avait plus de mal à le deviner. Il s'agissait d'une créature mutante qui semblait se nourrir... De merde.
EXTRAIT D'UN MEMOIRE DE STAGE SUR LA PRECARITE ENERGETIQUE. (LE MIEN)
Ainsi, la rénovation énergétique n’est peut-être pas à être considérée que comme une simple opération de « réparation » du parc immobilier français, relevant strictement d’une finalité sociale et de moyen-terme en matière environnementale ; mais encore comme une occasion de tendre à un bâti résilient et avec une intégration optimisée à un écosystème.
Avec le prisme social, on institutionnalise une économie alternative non pas fondée sur la croissance érigée depuis la révolution industrielle en dogme, mais une économie sociale, solidaire et circulaire. En plus de relocaliser l'emploi et ainsi de favoriser les circuits-courts et la rétention de richesses au niveau local, on acte une adhésion et une transparence sur les normes sociales et environnementales. Autant dire que c'est une nuance paradigmatique de poids !
Je comprends mal comment en 2017 on peut encore juxtaposer les mots
"écologie" et "industrie"... Quand allons-nous comprendre que la désindustrialisation en Europe est irrémédiable, et que nous devons appréhender ce phénomène comme un appel à la résilience et au renouveau plutôt que comme une catastrophe ? Cette ère nouvelle, c'est celle d'une économie sociale et solidaire qui ne conçoit plus le travail comme une fin en soi, une contrainte bien souvent abrutissante, mais comme un outil d'épanouissement qui parce qu'il est bon pour moi est bon pour la planète et la société. L'égalité des droits ne passe plus par la lutte des classes, tout simplement parce qu'il ne devrait même plus exister de classe ouvrière : Libérons les hommes de la logique de productivisme et l'aliénation qui va avec !










