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Candice conduisait fébrilement. Elle conduisait depuis tôt le matin mais n'osait pas s'arrêter. Elle était épuisée et à bout de nerfs, mais il fallait continuer. Non, il ne fallait pas s'arrêter. Elle n'en n'avait pas le droit. Pour elle et surtout pour son enfant. Pour lui offrir un avenir. Parfois, elle jetait des regards furtifs dans le rétroviseur. Par réflexe de sécurité bien sûr, mais aussi inconsciemment pour s'assurer que la police française n'était pas à ses trousses. Cela faisait quelques heures qu'elle avait passé la frontière française, qui par chance, n'avait pas été bloquée malgré l'état d'urgence militaire. Mais tout de même, rien n'était moins sûr ! Ou plutôt, rien n'était plus sûr en Europe, à l'heure d'aujourd'hui. 

La voiture était pleine à craquer. Elle y avait mis tout ce qu'elle avait pu, à la hâte. La plupart des affaires présentes étant pour son enfant. Pour qu'elle ne manque de rien. Elle s'était contentée la concernant de quelques vêtements et affaires de toilette. Tant pis pour ses sculptures, ses tableaux et ses bijoux, aussi... Elle était devenue une fugitive et cela passait désormais avant le fait d'être une artiste. 

Il faisait très chaud et la voiture n'était pas climatisée. Le soleil commençait à se coucher et la lumière baissait. De la sueur perlait sur son front. Elle se sentait poisseuse mais s'interdisait de s'arrêter pour faire une pause. Depuis ce matin, la seule pause qu'elle avait faite était pour aller faire un rapide pipi dans la nature. Bien sûr qu'elle n'avait pas pris l'autoroute. Les caméras étaient omniprésentes. Trop risqué de s'arrêter sur le bord de la route pour le faire ou même acheter quelque chose à manger. Les restaurants et autres aires de repos ne bordaient pas la route, mais tant pis, il fallait avancer le plus loin possible, coûte que coûte. Chaque kilomètre parcouru étant une assurance de plus qu'elle s'en tireraient. 

- Maman, c'est quand qu'on s'arrête ? La voix de Louison l'interrompit dans ses pensées. "J'ai envie de faire pipi et j'ai faim."

- Bientôt, ma chérie. Le soleil va bientôt se coucher ! 

- Mais je vais faire pipi dans ma culotte, ça fait au moins une heure que j'attends... Et en plus j'ai mal au ventre, j'ai envie de vomir... 

- Je sais, tu m'a dit la même chose il y a 10 minutes. Bon, on va rechanter la chanson des tortues, ça passera plus vite ! 

- Mais ça fait trois fois qu'on la chante, j'en ai marre... Et puis en plus tu veux pas que je me perce les oreilles ! 

- Je t'ai déjà dit que tu étais trop jeune ! On attend tes dix ans, chaque chose en son temps. 

- C'est pas juste, toutes mes copines ont des boucles d'oreille sauf moi... Gémit-elle en se pendant sur le siège avant. 

- On va pas revenir dessus 50 fois, Louison, en plus je suis fatiguée de la route... Eloigne-toi de la banquette avant, tu me déconcentres... 

Elle avait décidé de quitter la France le jour où elle avait reçu ce fameux courrier 15 minutes après l'attentat qui avait eu lieu, place de la Concorde à Paris. Un attentat qui aurait soit-disant été commis par la Russie. Elle n'avait pas cherché à comprendre et avait tout laissé en l'état chez elle. Enfin plutôt dans son ancien appartement... Mais elle avait pris soin de retirer de son compte en banque le plus d'argent qu'elle le pouvait. Avec le passage en cours à l'euro numérique, cela restait pour le moins limité. Tant pis. Sa liberté valait plus que les 10 000 euros encore présents sur son compte et qui seraient bientôt ponctionnés par l'Etat au nom de l'effort de guerre. 

Son seul but était de rejoindre Gibraltar en voiture pour aller au Maroc. La trajectoire d'un clandestin africain mais en sens inverse, comme c'était ironique ! Là-bas, ce serait peut-être moins confortable et il y aurait bien sûr un décalage culturel, mais elle ne serait pas obligée de faire la guerre et avec un peu de chance, elle verrait Louison grandir. 

Tous les avions avaient été bloqué au sol en France et dans d'autres pays d'Europe, dont l'Espagne. Comme pour retenir les gens en captivité, prisonniers de cette destinée funeste décidée par une poignée d'oligarques. Cela fait déjà un moment qu'elle sentait le vent tourner. Qu'elle se sentait en danger, elle, chômeuse de longue durait qui vivait librement de son art, mais aussi qu'elle voyait le ton devenir  de plus en plus culpabilisateur envers les citoyens, ou plutôt le peuple, et elle savait que cela n'était qu'une question de temps avant qu'elle réagisse. Il lui avaot fallu un catalyseur, une ultime preuve pour se ranger à son intuition première, qu'elle reniait depuis des années et qui lui avait toujours fait peur : oui la France devenait une dictature. Bien qu'à y réfléchir, elle n'avait jamais été une démocratie... Jamais un seul référendum, pas même sur cette guerre, et la redistribution des richesses dont ils ne se cachaient plus de la mépriser. Tous les signaux étaient au rouge depuis bien longtemps, mais il y avait encore pire : la reconduction d'un troisième mandat d'Emmanuel Macron qui avait été faite sans vote aucun, qui lui avait enlevé tout espoir de renouveau. Ça n'était plus seulement l'injustice qui les attendait, mais l'enfer. 

Il valait mieux partir avant que la police politique ne vienne la chercher. Rien ne l'empêchait plus de quitter ce logement qui pouvait être désormais réquisitionné d'une minute à l'autre. 

Une voiture de Police espagnole la dépassa soudain et lui fit des appels de phare pour lui indiquer de s'arrêter sur le bas-côté. Sa respiration s'interrompit soudain, une barre fendant son estomac en l'espace d'une fraction de seconde. Elle s'arrêta donc soudainement, manquant de peu de tomber dans le ravin. Par chance elle parlait espagnol et avait un bon accent. Il ne fallait pas perdre son sang-froid. Elle essaierait de se faire passer pour une espagnole et avec un peu de chance, il ne s'agissait que d'un contrôle aléatoire et on ne lui demanderait pas ses papiers d'identité. Si le contrôle s'avérait plus conséquent, elle s'attirerait néanmoins de gros soucis dans le mesure où sa plaque d'immatriculation était fausse. La biométrie avait en effet été instaurée partout en Europe pour tracer les gens. Encore un autre signe qu'il fallait partir ! 

- Bonsoir Madame, dit froidement le policier en espagnol après qu'elle ait eu baissé la vitre.

- Bonsoir ! Y a-t-il un problème ? Demanda-t-elle de la façon la plus innocente et naturelle qui soit, tout en prenant soin d'imiter l'accent espagnol de sa défunte mère. 

- Votre pneu est dégonflé. Il doit être crevé. Il faudrait le changer... 

Face au visage de Candice qui avait soudainement changé d'expression, il reprit : 

- Mais je peux vous aider, si vous voulez, vous avez un pneu de rechange dans votre coffre ? La loi stipule que vous devez en avoir un, mais nous pouvons fermer les yeux là-dessus, poursuivit-il. 

Une heure plus tard, Candice reprenait le volant. Un garagiste du coin était venu lui porter un pneu, moyennant 100 euros supplémentaires. Ce serait leur première nuit à la belle étoile... 

Dominic Cummings had always been the man in the shadows. The one whose one collects the advices, just like this, as if it wouldn't sound that significant, between two meetings, between two conferences, yet whom one keeps preciously close at hand, as if hidden in a drawer like one's Rolex watch, right ?

He had always been the ghostwriter on duty, the one who wrote speeches for one and all, knowing full well that they would not apply a quarter of a tenth of what could be mentioned in his electoral prose...

He had read Kipling, Rilke and Poe, and finally put them at the service of a populism of which he could no longer be proud. He had long since lost faith in what he was doing, and writing meaningless speeches had, over the years, plunged him into a kind of disillusionment that he could no longer disguise with the veneer of social events and so-called recognition.

So much so that when he was asked to counter his own mates in the referendum for "yes" or "no" to the European Union, he changed course and naturally took control of this campaign by means of which only him would have the secret.

These people were putting conservatism where it was not needed and abandoning their principles where decency was required. Outdated conservatives or millionaires who thought that independence could be bought... This was the fine team with whom he was supposed to work to regain England's freedom ! Inconceivable. He was going to counter the trend, that was for sure. It was time to dust off conservatism and anti-Atlanticism. Using algorithms and technology to target the electorate and bet on popular and sober communication, nothing to do with the ineffective flashiness of Nigel Farage's millionaire friends ! It would be a struggle between the small and great, but all the rage accumulated during all these years of good and loyal work service would serve as his driving force. Who said that autistic aspergers did not know how to be formidable in cunning ?

He had been allocated an office in the middle of London. The old-timers in the Conservative camp had paid for the first three months of the lease, as if he were on trial. What they didn't know was that this damned hovel would soon become the place of their own competition, because Cummings was determined to turn the tables and make his own way of doing politics heard for once.







My appearance have often been described as austere, and even more so over the past 20 years. Well, originally, if we go back to the first time I was conceived in -39 BC, the idea wasn't to intimidate the populace but to preserve texts, either Christian or pagans, by the way... 

Preserve meaning, making a little more tangible this oral wisdom, which hitherto had been sufficient to maintain a solid link with God or any other authoritative entity.

But it's as if, over time, words became emptied of their importance and their sacred character and it was necessary to multiply the media to "bottle" this wisdom.

Then over time I was provided with a DVD, music section and so on... As if to increase the chances that this wisdom would be remembered in our good memory by whatever means. And the more my shelves multiplied, subdividing themselves into subcategories of possible study materials, the more I caused the appearance of a church, people seeing myself as sacred, austere and unfathomable.

Even though we have only been talking here about two thousand years of curiosity towards the world.

Orange était la couleur des briques de ces ruelles du vieux Toulouse, désormais gorgées de Kebabs pour les oiseaux de nuits estudiantins, serpentant vers la Garonne. Immeubles au cachet qui ne restait plus à être évalué par un quelconque promoteur immobilier en costume-cravatte. Assurément, le charme des petites cours et des corniches surmontant les hauts murs de ces bâtisses de la Renaissance n'était plus à démontrer, même si Toulouse n'était pas Bordeaux, et que Bordeaux d'ailleurs, n'était pas non plus Paris ! Restons réalistes sur le prestige de cette grosse bourgade de province, qui, par chance, avait pu se développer sur le dos de l'aéronautique puis de l'oncologie. 

Tout le monde parait Toulouse de ce nom surfait de "ville rose", mais rien pourtant, en fin de compte, de rose, à Toulouse, il n'y avait rien. Rien n'était rose dans ce gros village industriel, pas plus les visages de sa population métissée et cosmopolite que ses bâtisses, qui, quand elles n'étaient pas de ce gris sale fonctionnel vaguement corbuséen vous éclatait cet orange à la tronche, comme pour vous rappeler les origines profondes et moyennâgeuses de toute ville qui ne soit pas juste une ville-dortoir résidentielle. Comme pour vous rappeler que toute ville digne de ce nom s'est construite sur une histoire, qui, aussi douloureuse soit-elle lorsque l'on pense aux massacres cathares à Toulouse, fait sens.
On n'étudie pas un auteur, un penseur, un artiste ou même un scientifique en vertu de sa célébrité. On l'étudie pour ce qu'il a à nous dire des hommes de son époque en tant qu'il cristallise ce qu'ils peuvent penser et ressentir. 
Peut-être que le simple fait d'écrire soit présomptueux. Ecrire, graver dans le marbre quelque chose, est déjà asseoir une certaine universalité de sa pensée. Photographier une pensée, la figer dans le papier, est une sorte d'onction.
L'acte d'écriture est souvent utilisé (sociologiquement) de nos jours comme un moyen de fuir le regard de son interlocuteur de sorte à échapper à ses responsabilités. Les SMS de rupture sont un parfait exemple de ce langage indirect. Ecrire n'est pas dire, comme vous le savez.
Comme si la sacralité de la parole des sociétés traditionnelles et la notion de courage qui la présuppose (fait d'incarner son propos et ainsi de l'assumer) avait subsisté à travers l'histoire, par delà l'introduction de l'écriture.
L'écriture est peut-être à considérer à ce titre comme un acte de surenchère : on ne se contente pas d'assumer un propos, on le réaffirme en immortalisant ce que l'on croit être immortel ; le dogme se trouve être alors inhérent à cette démarche.
Concernant la notion de progrès... J'ai l'impression que sur Terre, elle est entropique, chaotique, et qu'elle se constate à une échelle qui serait plus grande, si ce n'est cosmique, et ainsi indépendamment de la représentation linéaire du temps que nous en avons sur cette dimension. Ainsi, nous constatons des cycles ici bas qui ne font pas toujours sens, mais qui à une échelle plus élevée participerait de la reconstitution d'un "puzzle plus grand".
Les civilisations des sociétés traditionnelles n'étaient non seulement pas primitives, mais encore beaucoup plus avancées que nous ! Car elles vivaient en symbiose avec la nature, et reconnaissaient Dieu dans une pierre et dans chacun des éléments qui composent le cosmos. Elles n'étaient pas obscurantistes, elles avaient déjà compris ce que la physique quantique et sa loi d'intrication nous dit à propos de la manifestation fractale de la Grande Intelligence dans la matière. Les gens ne comprennent pas que le polythéisme n'est qu'une métaphore poétique de la manifestation panthéiste de Dieu en chacune des particules subatomiques de l'univers.
L'histoire de la pensée occidentale pourrait se décrire ainsi : toujours plus de frontières entre les disciplines au fil de la spécialisation de la connaissance, comme l'on zoomerait sur une photo pour se cramponner à ses détails... Et toujours moins de recul sur la cohérence globale, holistique de l'univers. Tant que l'homme fractionnera une réalité faite d'interpénétrations, ses vues manqueront d'une richesse nécessaire à l'entrevue ne serait-ce que d'un début de vérité. La dimension fractale de la réalité ne saurait se refléter distinctement dans une seule et même discipline... Tout simplement parce qu'elle est une projection tronquée de l'homme. Le concept d'anthropie se voit ainsi contredit par cette césure méthodologique. Nous n'atteindrons jamais une acuité élevée qu'avec des hommes complets, qui avaient compris que la beauté est mathématique et que le code source de toute chose -la chose en  soi- déborde le champ rationnel. Pythagore, Pascal, de Vinci ou plus récemment Luc Schuiten ou Aurélien Barreau en sont des exemples. L'enjeu actuel est celui de la physique quantique et le risque accru, en s'arc-boutant sur la dimension microscopique et factuelle de la vie, d'occulter ce qu'elle a à nous dire de son sens spirituel.
Lorsque l'on appréhende une problématique donnée, il ne faut négliger ni l'aspect matériel, ni l'aspect spirituel.
Si recrudescence de cancers il y a en occident, cela n'est certainement pas dû qu'au stress et aux perturbateurs endocriniens ; plus encore, ces éléments ne sont à considérer que comme le terrain propice d'apparition à ce qui était déjà présent sur le plan subtil : une psyché occidentale malade.

Une psyché naviguant à vue, sans horizon divin et soumise au désenchantement d'un monde athée bien sûr, mais encore sans horizon tout court. En effet, la sédentarisation occidentale, dont le règne civilisationnel a réellement débuté avec déstructuration, colonisation voire même génocide des communautés nomades n'a été qu'une victoire toute partielle sur ces dernières : ce qu'elle a gagné en confort de vie, elle l'a perdu en capital santé. Car la rétention d'énergie induite dans le corps d'un occidental sera autant d'énergie-cellules que le corps utilisera pour tirer la sonnette d'alarme d'une incarnation qui n'est pas pleinement assumée sur l'espace-Terre.
Tout ce que la science dite contemporaine est en train de découvrir là : physique quantique, pollution électro-magnétique, influences astronomiques et telluriques sur l'horloge biologique, structure de l'espace-temps en tore et en fleur de vie, naturopathie, etc. : tout cela était déjà intuitionné par les sociétés traditionnelles depuis des lustres. Sociétés qui résonnaient tant avec la cohérence de l'univers (synchronisation de l'horloge biologique avec la régularité des cycles astronomiques, météorologiques, climatiques et telluriques) qu'elles se fondaient dans son harmonie naturelle, appréhendant ainsi sans efforts le Cosmos.
Révolution industrielle, uniformisation de la langue française, droitdelhommisme, division du travail, pasteurisation, hygiénisme, congés payés et développement du tourisme, exode rural, etc. : autant de progrès vers une aseptisation de la société où le mystère cosmique (verticalité de l'être) et a laissé place à l'utile maximisation des intérêts (horizontalité de l'avoir) ; optimisation castratrice du mode de vie qui coupe de la nature pour mieux s'en prémunir en conséquence. Ce mode de vie factice, perpétué par un équilibre plus artificiel encore n'a évidemment rien à envier à celui de la nature, dont l'élaboration dépasse l'entendement humain. Et cette technologie à la fois matérielle et idéologique n'est qu'un ensemble de béquilles destinées à retarder le réveil brutal d'une civilisation humaine qui devra bientôt regagner sa place dans l'ensemble des êtres vivants, et non pas au sommet.
Ce rapport intéressé, utilitaire au travail, à la vie, à la nature, à l'art, à chaque pan de l'existence ; ce rapport mercantile qui les évide de leur finalité en soi et ainsi de leur sens au fur et à mesure qu'il se les approprie provient également de cette dichotomie originelle instituée par la religion monothéiste entre l'homme et sa raison d'être. 

La religion, en considérant Dieu comme une entité transcendante, a institué une barrière anthropocentrique entre l'homme et l
e reste de l'univers. Elle a relégué la conscience de cette interconnexion quantique entre toute chose dans les confins de l'oubli du paganisme et des sociétés traditionnelles ou primitives, comme le disent certains avec un mépris proprement occidental.
La dimension immanente de Dieu avec le fait que chaque fragment de l'univers le compose, a été amputée. Le sens et le sort de ce dernier seraient ainsi à remettre entre les mains de cette entité, (La main invisible du marché) se rappelant à nous de temps à autre pour nous châtier ou nous gratifier d'un miracle. Le monde matériel, quant à lui, en tant que création extérieure par le divin, serait vain, (Plotin) et c'est précisément en cela qu'il ne mérite pas plus que d'en être réduit au statut de marchandise, à défaut de receler le salut.


En plus du manichéisme, du cynisme assumé et de la déresponsabilisation de soi que cela implique, la valeur du monde est niée au profit d'un espoir qui serait toujours à aller chercher dans un après, dans un ailleurs que Nietzsche décrit avec raison comme morbide. Non pas parce que cette recherche de salut implique la mort physique, mais parce que si l'ici et maintenant sont vains, alors toute l'immensité, la beauté et la cohérence de l'univers sont eux aussi précipités dans l'abîme du non-sens par voie de conséquence...


A propos de... 

On a toujours trop vite tendance à jeter le bébé avec l'eau du bain en s'exonérant d'une analyse véritablement approfondie des causes d'un phénomène.
Si je voulais donner une définition de l'extrémisme, je dirais qu'il consiste en une politique de la terre brûlée : réduire à néant tout ce qui peut poser problème à un moment ou à un autre. Quel qu'en soit l'intérêt, d'ailleurs qu'il soit personnel ou commun. (L'enfer est pavé de bonnes intentions, comme dirait l'autre) Que cela se traduise par le fait d'imposer ses convictions aux autres (Dictature du prolétariat, charria, colonialisme culturel ou économique, ect.) de sorte à faire taire les siennes ou ici à condamner ou abolir une chose parce que son usage est dévoyé. 
L'argent, en tant que valeur d'échange universelle et dématérialisable, peut évidemment être utilisé de n'importe quelle façon qui soit donc à mauvais escient, chose que ne permet pas le troc, par exemple, pour une raison de stockage. Cependant, cette possibilité de dévoiement qu'il offre ne fait pas de lui un outil d'accumulation de richesses par essence. Comme avec le libéralisme, tout dépend des règles du jeu qu'on introduit dans ce mécanisme pour le réguler (Protectionnisme à l'échelle internationale, Free business act, Systèmes d'échange locaux pour favoriser les circuits-courts) et du niveau de conscience des personnes qui l'utilisent. (Anarchisme) Ainsi, cette liberté sans limites qu'offre ce mécanisme de l'argent pourrait très bien devenir une force pour peu que l'on sache comment se l'approprier en anticipant ses effets pervers politiques.
Les hippies américains qui se sont opposés à la guerre du Vietnam avaient tout de même plus de gueule que les petits bourgeois soixanthuitards de France. Ils n’ont fait que reprendre un mouvement à leur compte pour en faire une pâle copie de l’idéologie individualiste américaine ; Celle de Thoreau, dont la tradition s’inscrit dans un amour de la liberté comme denrée de la nature, en opposition à celle de l’Europe depuis Descartes et les lumières, visant à l’inverse à en faire l’instrument de l’acquisition d’un nombre de droits toujours plus grand. En l’occurrence, le droit à l’abrutissement de masse. Voilà comment les petits cons de la fournée 68 ont défendu les libertés individuelles pour réclamer à papa De Gaulle la « démocratisation de la culture », qui allait devenir peu de temps après la culture poubelle, gloubiboulga pseudo-cosmopolite d’idéologies américaines délirantes importées par d’obscurs think tanks et d’exotisme standardisé par l’industrie montante de l’art et de l’audiovisuel. Autre chose que de défendre l’autodétermination des peuples, c’est certain !
Je valide Francis Cousin : Le prisme marxiste de la lutte des classes dans un but de promotion de l'être plutôt que de l'avoir est en effet adaptée à la lecture de n'importe quel phénomène d'envergure globale. Les proies et les prédateurs, l'écosystème et l'industrie du BTP, la nature et le transhumanisme, ect. OK. On observe le phénomène d'accaparement dans n'importe quelle interaction, j'ai envie de dire. C'est un fait. 
Mais je pense que déjà à l'époque, (2014) j'avais envie d'aller au delà. Sans renier les enjeux sociaux et les questions éthiques ou bioéthiques que cela soulève, ect. Je voulais déjà non pas casser, mais nuancer cette lecture aux relents manichéens, dans le sens où une lecture unique à partir du seul prisme des opprimés me suffit de moins en moins. Sans pour autant être en quête d'une pâle médiation d'inspiration sociale-libérale dénuée de courage. Ça, non !
D'un point de vue philosophique ou spirituel, cette lecture me semble faible, tronquée, dans la mesure où ces "disciplines" invitent à adopter un point de vue sage, surplombant. Du point de vue de la politique, cette lecture va à l'encontre de son essence même, à savoir la défense de l'intérêt général, et non des intérêts particuliers, quand bien même ils seraient ceux des opprimés. Par exemple, la discrimination positive initiée par la doctrine de neutralité politique de Rawls ou Habermas a sa légitimité, mais aussi ses limites... 
 Donc, à partir de là, la question n'est pas de se positionner vis-à-vis de la radicalité en s'enfermant dans une logique de "système/anti-système, l'améliorera/l'améliorera pas", mais précisément vis-à-vis de l'intérêt général, qui lui, selon moi, est hors catégorie.  
Historiquement, c'est comme si la morale communiste avait remplacé la morale chrétienne, en reprenant d'ailleurs les codes austères du protestantisme. Et cela qui plus est en France au nom de l'anticléricalisme ! Sur le fond, ce prisme de lecture omet que pour pas mal de personnes conditionnées par la culture occidentale, le capital matériel est également la condition de possibilité d'un capital culturel. (On n'est pas dans "Captain Fantastic") Ce qui vient donc contredire la totale aliénation de l'avoir. Et j'ajouterais aussi aujourd'hui, avec une touche spirituelle et ainsi plus libérale: Qu'après tout, si quelqu'un veut posséder des milliards, il est libre de l'expérimenter. Que l'incarnation, c'est fait pour. Et que l'essentiel, c'est qu'il n'attente pas à la liberté d'autrui en l'empêchant de vivre décemment par la toute-puissance institutionnalisée de ses pratiques.  
D'une façon générale, on retiendra que la réduction de l'intérêt général à la richesse matérielle, que cela se traduise par la réappropriation des moyens de production ou l'augmentation du salaire démontre combien ce prisme de lecture est lui-même contaminé par le capitalisme qu'il dénonce ! Et pour cause, ce prisme marxiste est consubstantiel au capitalisme, car lui aussi est occidental, fondé sur la philosophie matérialiste, insuffisante selon moi à rendre compte de l'univers. (C'est là où spiritualité et physique quantique font leur entrée en scène.)